Se déplacer au Maroc

Le Maroc, royaume aux mille visages, s’étend des plages atlantiques aux portes du Sahara, des cimes enneigées de l’Atlas aux médinas impériales. Cette diversité géographique implique des distances conséquentes et des reliefs variés, rendant la question des déplacements centrale pour tout voyageur. Que vous souhaitiez rallier Marrakech depuis Casablanca, explorer les villages berbères ou simplement circuler dans les souks de Fès, comprendre le système de transport marocain transformera votre expérience.

La bonne nouvelle ? Le Maroc dispose d’une offre de mobilité étonnamment riche et complémentaire. Du train moderne qui traverse les plaines aux grands taxis collectifs qui desservent les zones rurales, en passant par les bus longue distance et les applications de VTC qui émergent dans les grandes villes, chaque moyen répond à des besoins spécifiques. Cet article vous présente l’ensemble de ces options, leurs avantages respectifs, leurs tarifs indicatifs et les astuces pratiques pour circuler en toute confiance dans ce pays fascinant.

Les transports ferroviaires : l’épine dorsale des liaisons principales

Le train représente souvent le choix le plus confortable et fiable pour les trajets interurbains au Maroc, particulièrement sur les axes structurants du pays.

Le réseau ONCF et ses lignes majeures

L’Office National des Chemins de Fer (ONCF) gère un réseau ferroviaire d’environ 2 100 kilomètres qui relie les principales villes du pays. Les lignes les plus fréquentées connectent l’axe économique du littoral atlantique : Tanger, Rabat, Casablanca et Marrakech forment ainsi une colonne vertébrale bien desservie. Depuis quelques années, la ligne à grande vitesse Al-Boraq révolutionne les déplacements entre Tanger et Casablanca, réduisant le temps de trajet à environ 2h10 au lieu de 4h45 auparavant.

D’autres lignes permettent de rejoindre Meknès, Fès, Oujda à l’est, ou encore de descendre vers le sud jusqu’à Marrakech. En revanche, des destinations prisées comme Essaouira, Agadir, Ouarzazate ou les vallées du sud ne sont pas desservies par le rail, nécessitant d’autres modes de transport.

Confort, ponctualité et tarifs

Le réseau ONCF propose généralement deux classes : la première classe, climatisée avec des sièges confortables et inclinables, et la seconde classe, plus économique mais parfois bondée aux heures de pointe. Les trains express (Trains Navettes Rapides) offrent un excellent rapport qualité-prix avec une ponctualité généralement respectée, tandis que les trains ordinaires s’arrêtent dans davantage de gares intermédiaires.

Côté tarifs, un trajet Casablanca-Marrakech en seconde classe coûte typiquement entre 80 et 100 dirhams (environ 8 à 10 euros), contre 120 à 150 dirhams en première classe. La réservation en ligne via le site de l’ONCF est simple et permet d’éviter les files d’attente en gare, particulièrement durant les périodes de forte affluence comme les weekends prolongés ou les vacances scolaires.

Les bus : flexibilité et couverture nationale

Si le train brille sur certains axes, le bus demeure le moyen de transport le plus démocratique et le plus étendu au Maroc, capable d’atteindre pratiquement n’importe quelle destination.

Les compagnies de référence

Le paysage des bus interurbains se divise en deux catégories distinctes. D’un côté, les compagnies premium comme CTM (Compagnie de Transports au Maroc) ou Supratours offrent des bus climatisés, des sièges numérotés réservables à l’avance, des toilettes à bord et un niveau de confort proche de celui des autocars européens. Ces services respectent généralement les horaires et appliquent des tarifs fixes non négociables.

De l’autre, les compagnies locales et régionales proposent des tarifs plus agressifs mais avec un confort variable. Les bus peuvent être plus anciens, les arrêts plus fréquents et les horaires plus… souples. Pour un trajet Marrakech-Essaouira, par exemple, comptez environ 80 dirhams avec CTM contre 50 à 60 dirhams avec une compagnie locale, pour une différence de confort notable.

Réserver et voyager en toute sérénité

La réservation préalable est vivement recommandée pour les compagnies premium, surtout sur les lignes touristiques et durant la haute saison. Les sites web de CTM et Supratours permettent désormais de réserver en ligne avec paiement par carte bancaire. Cette précaution vous garantit une place assise et évite les déconvenues du « complet » à la gare routière.

Un conseil pratique : arrivez 15 à 30 minutes avant le départ. Les gares routières marocaines, particulièrement dans les grandes villes, peuvent être labyrinthiques avec de nombreux quais. Gardez votre billet jusqu’à l’arrivée, car des contrôleurs peuvent vérifier en cours de route. Les bagages sont généralement placés en soute avec un ticket de consigne qu’il faudra présenter à la récupération.

Taxis et transports urbains : naviguer dans les villes

Une fois arrivé dans une ville marocaine, comprendre les différents types de taxis et leurs usages vous fera gagner un temps précieux et évitera bien des frustrations.

Petits taxis et grands taxis : quelle différence ?

Le Maroc distingue clairement deux catégories de taxis selon leur fonction. Les petits taxis, reconnaissables à leur couleur spécifique à chaque ville (rouge à Casablanca, beige à Rabat, ocre à Marrakech), ne circulent qu’à l’intérieur de la ville et peuvent transporter jusqu’à trois passagers. Ils fonctionnent au compteur (du moins en théorie) et représentent le moyen le plus pratique pour les déplacements urbains courts.

Les grands taxis, généralement des Mercedes blanches ou beiges vieillissantes, assurent les liaisons interurbaines et régionales. Ils partent lorsqu’ils sont pleins (six passagers, trois à l’avant et trois à l’arrière) et appliquent des tarifs fixes par place. Vous pouvez aussi privatiser un grand taxi en payant l’équivalent de plusieurs places, option intéressante pour des trajets en groupe ou avec des bagages volumineux.

Les nouvelles mobilités urbaines

Les grandes villes marocaines modernisent progressivement leurs infrastructures. Casablanca et Rabat disposent désormais de réseaux de tramway propres, fiables et économiques, avec des tickets autour de 6 à 7 dirhams. Ces systèmes constituent souvent la solution la plus rapide pour éviter les embouteillages aux heures de pointe.

Parallèlement, les applications de transport type Careem, Heetch ou InDrive se sont implantées dans les principales agglomérations. Elles offrent l’avantage de tarifs fixes connus à l’avance, d’un paiement souvent possible par carte, et éliminent la barrière linguistique puisque l’adresse est communiquée via l’application. Les tarifs sont généralement comparables à ceux des petits taxis au compteur, parfois légèrement supérieurs, mais avec davantage de transparence.

La location de voiture : liberté et autonomie

Louer une voiture au Maroc ouvre des possibilités immenses, notamment pour explorer les zones rurales, les vallées reculées ou suivre des itinéraires personnalisés hors des sentiers battus.

Les avantages sont évidents : flexibilité totale des horaires, possibilité de s’arrêter où bon vous semble pour photographier un paysage, accès à des sites peu desservis par les transports publics. Les routes principales sont généralement en bon état, particulièrement les autoroutes payantes qui relient les grandes villes. Un permis de conduire national suffit pour les séjours touristiques courts, bien que le permis international soit parfois recommandé pour faciliter les démarches.

Toutefois, cette option comporte quelques contraintes à anticiper. La conduite marocaine peut surprendre par son caractère parfois improvisé : dépassements audacieux, charrettes ou animaux sur la chaussée, signalisation lacunaire dans certaines zones. Les prix du carburant sont réglementés et comparables aux tarifs européens. Enfin, le stationnement dans les médinas anciennes s’avère souvent impossible, nécessitant de laisser le véhicule à l’extérieur avec un gardien (moyennant quelques dirhams de pourboire).

Pour la location elle-même, privilégiez les agences reconnues internationalement ou les grandes enseignes locales. Vérifiez minutieusement l’état du véhicule avant le départ et photographiez les éventuels dommages préexistants. L’assurance tous risques, bien que plus onéreuse, vous évitera des tracas en cas d’incident, fréquent notamment lors des manœuvres dans les ruelles étroites.

Conseils pratiques pour optimiser ses déplacements

Au-delà du choix du moyen de transport, quelques astuces pratiques faciliteront considérablement votre mobilité au Maroc.

La question linguistique : si l’arabe et le berbère dominent, le français reste largement parlé dans le secteur touristique et les transports. Dans les grandes villes et les gares, vous trouverez généralement quelqu’un parlant français. Apprendre quelques mots d’arabe dialectal (bonjour : salam, merci : choukran, combien : bech’hal) sera toujours apprécié et peut faciliter les interactions.

La négociation des tarifs constitue un exercice quasi incontournable avec les petits taxis sans compteur ou les grands taxis. La règle d’or : renseignez-vous sur le tarif approximatif auprès de votre hébergement avant de partir, puis négociez fermement mais courtoisement. N’hésitez pas à refuser et chercher un autre taxi si le prix proposé vous semble excessif – la concurrence joue généralement en votre faveur.

Concernant la sécurité, le Maroc reste une destination globalement sûre. Néanmoins, gardez vos effets personnels à portée de vue dans les transports, particulièrement dans les bus bondés ou les gares routières. Privilégiez les compagnies établies pour les longues distances, et si vous voyagez de nuit en taxi, partagez votre itinéraire avec quelqu’un via votre téléphone.

Enfin, adoptez la flexibilité horaire comme philosophie de voyage. Les départs peuvent être décalés, les trajets rallongés par des arrêts imprévus ou des conditions routières changeantes. Cette souplesse, loin d’être une contrainte, fait partie intégrante de l’expérience marocaine et réserve souvent de belles surprises : paysages inattendus, rencontres authentiques, et cette sensation particulière de voyager au rythme du pays.

Maîtriser les différentes options de transport au Maroc, c’est se donner les moyens d’explorer ce pays dans toute sa richesse et sa diversité. Que vous optiez pour le confort climatisé du train, l’aventure humaine d’un grand taxi partagé ou la liberté d’une voiture de location, chaque mode de déplacement offre sa propre perspective sur le royaume. L’essentiel réside dans l’adaptation de votre choix à votre itinéraire, votre budget et votre soif de découverte.

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